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Fonds Intendants
1626-1760
En 1663, Louis XIV instaure en Nouvelle-France une structure administrative calquée sur le modèle qui prévaut dans les provinces
françaises. S’inspirant des parlements provinciaux, le Conseil souverain est établi comme cour souveraine de justice. Au gouverneur
général, il adjoint un intendant de « justice, police et finances » au pouvoir étendu. Aucun domaine de l’administration civile
ne lui échappe entièrement. Plus haut dignitaire civil de la colonie, il a juridiction sur les fonds publics, préside le Conseil
souverain et est juge souverain en matière civile. Il élabore et applique toute la réglementation relative à la police, au
commerce, aux prix, à la monnaie, à la milice et aux droits seigneuriaux. Son autorité s'affirme aussi sur plusieurs hauts
fonctionnaires comme le grand voyer, l'ingénieur du roi, les notaires et les arpenteurs royaux et le commissaire de la marine.
Lui échappent le culte, les représentations extérieures et les pouvoirs militaires.
L'importance et l'étendue du mandat des intendants laissent entrevoir l'intérêt de leurs ordonnances qui touchent autant les
nominations comme notaires royaux, les prérogatives d’honneur, les travaux aux fortifications que les chicanes relatives aux
clôtures entre les terres des habitants.
Bien que quelques pièces seulement antérieures à 1705 subsistent, l’essentiel de la série Ordonnances couvre les années 1705
à 1760. Cette série se compose des ordonnances produites par les onze intendants suivants durant leur administration : Jean
Talon (1665-1668 et 1670-1672), Claude de Bouteroue (1668-1670), Jacques Duchesneau de La Doussinière et d'Ambault (1675-1682),
Jacques de Meulles (1682-1686), Jean Bochart de Champigny (1686-1702), François de Boische de Beauharnois (1702-1705), Jacques
Raudot avec l'aide de son fils Antoine-Denis Raudot (1705-1710), Michel Bégon (1710-1726), Claude-Thomas Dupuy (1726-1728),
Gilles Hocquart (1729-1748) et François Bigot (1748-1760).
La série Requêtes comprend essentiellement des requêtes et des déclarations adressées à l’intendant par des habitants de la
Nouvelle-France. Une décision de l’intendant suit généralement. Les 24 pièces touchent notamment des questions liées au commerce
des fourrures, au régime seigneurial, à des affaires familiales, à des éléments de procédure devant les tribunaux.
La série Papiers terriers de la Compagnie des Indes occidentales et du Domaine du roi comprend les aveux et dénombrements
et déclarations des censitaires du roi, les actes de fois et hommages, les déclarations des censitaires du roi et enfin les
Cahiers d’intendance.
Les exigences liées à la perception des droits seigneuriaux relevant de la Compagnie des Indes occidentales suscitent la production
d’un premier papier terrier en 1667-1668. A partir de 1674, tous les droits perçus par la Compagnie des Indes occidentales
sont transférés au Domaine d'Occident, lui-même un élément de la Ferme générale. En vertu d’un arrêt du Conseil du roi, l’intendant
Duchesneau fait alors dresser entre 1676 et 1678 un second papier terrier dont il ne reste que quelques éléments dispersés
à travers les greffes de notaires et les fonds d’archives seigneuriaux. En octobre 1719, François-Etienne Cugnet, qui vient
d'arriver à Québec, remplit les fonctions de directeur du Domaine d'Occident. Il assume ainsi la responsabilité de la perception
des droits de quint et de relief provenant de chaque mutation des propriétaires d'une seigneurie et des cens et rentes et
lods et ventes des censives relevant directement du roi et pour cela un papier terrier en ordre s'impose. À la même époque,
l’État cherche à accélérer la mise en valeur des terres et le portrait que permet de dresser un papier terrier fournit aux
autorités coloniales les moyens de connaître la situation réelle et d’intervenir par la suite. Le 24 décembre 1722, l'intendant
Michel Bégon ordonne la confection d’un troisième papier terrier s'étendant à tous les fiefs relevant directement du roi ainsi
qu'aux maisons, terres et héritages en roture situés en la Censive du roi. Il comportera quatre séries de documents dont la
valeur légale est encore reconnue. Ce sont en premier les copies des titres de propriété des seigneurs connues sous le nom
de Cahiers d’intendance; en second, les actes de foi et hommage et, troisièmement, les aveux et dénombrements des seigneuries
et les déclarations des censitaires du roi. Les registres relatifs à la perception des droits du Domaine d’Occident entre
1750 et 1758 et le papier terrier de la Censive de Sa Majesté en la ville de Québec et sa banlieue, fait en vertu de l'ordonnance
de l'intendant Bigot du 8 octobre 1754, forment la quatrième série.
Dans le cadre du processus de confection du papier terrier, chaque seigneur doit produire un aveu et dénombrement présentant
sa seigneurie, sa localisation, ses dimensions, l’étendue et l’état de développement du domaine ainsi que les bâtiments et
moulins qui s’y trouvent; et pour chacune des censives, le nom du propriétaire, les dimensions, l’état de développement et
les redevances seigneuriales exigées. Près de 200 aveux et dénombrements seront produits entre 1723 et 1745, touchant presque
toutes les seigneuries canadiennes. Les déclarations des censitaires du roi touchent surtout la ville de Québec et, à un degré
moindre, Trois-rivières.
Sous l'ancien droit français, tout vassal était tenu de « rendre foy et hommage » au seigneur du fief duquel relevait celui
qu'il possédait. Ce devoir consistait, chaque fois qu'il y avait mutation de propriété, pour le nouveau titulaire de faire
allégeance et de faire connaître ses titres. Par l'acte de foi et hommage, vestige du système féodal, un vassal se reconnaît
dépendant d'un suzerain. L'acte de foi et hommage comprend une description sommaire du fief et des titres de propriétés en
plus d'un relevé des droits et devoirs du titulaire.
La sous-série Fois et hommages renferme d’abord le papier terrier de la Compagnie des Indes occidentales confectionné entre
1667 et 1669 et se compose des fois et hommages des seigneurs et des déclarations des censitaires relevant directement de
la compagnie. La seconde partie de cette série comprend les fois et hommages produits, à partir de 1723, lors de la confection
du troisième papier terrier de la Nouvelle-France.
La sous-série Déclarations des censitaires du roi se compose d’abord des 509 déclarations enregistrées au papier terrier concernant
la Censive de Sa Majesté en la ville de Québec et sa banlieue fait, entre 1756 et 1758, en vertu de l'ordonnance de l'Intendant
Bigot du 8 octobre 1754. Elle renferme également deux registres des actes de foi et hommage, droits de lots et ventes, droits
de saisine et autres redevances extraits du papier terrier du Domaine du Roy en la Nouvelle-France sous l'intendance de Bigot
et un registre pour la perception des droits domaniaux et seigneuriaux, droits de lods et ventes et autres redevances relevant
du Domaine du Roi, fait en vertu de l'ordonnance de l'intendant Bigot du 28 septembre 1751.
Les concessions d’emplacements dans la Censive du roi et de seigneuries se retrouvent théoriquement inscrites dans des registres,
aujourd’hui la série Registres d’intendance, qui ne nous sont pas tous parvenus. C'est ainsi que la perte de plusieurs titres
de concession et le manque de copies des transactions ultérieures a amené l'intendant Michel Bégon, lors de la confection
du papier terrier, à ordonner la copie de ces derniers à partir des documents détenus et présentés par les seigneurs et les
censitaires du roi eux-mêmes. Ces copies, connues ultérieurement sous le nom de Cahiers d’intendance, seront compilées entre
1722 et 1725 puis validées par le procureur du roi et par l’intendant.
Langue des documents : français
Importance matérielle : 4,42 m de documents textuels
Référence : ANQ-Q, E1
Conditions d’accès : Consultez le site Internet de l’institution
Conditions de reproduction : Libre lorsque la reproduction est faite pour des fins de recherche. Une licence, accordée gratuitement, est requise en cas
de publication
Instruments de recherche : Inventaire des ordonnances des Intendants de la Nouvelle-France conservées aux Archives provinciales de Québec / Roy, Pierre-Georges.
- Beauceville, l'Éclaireur Limitée, 1919. 4 volumes.
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